0 Shares 1638 Views

    La Philharmonie explore un nouveau territoire musical avec l’exposition “METAL – Diabolus in musica”

    26 mars 2024
    1638 Vues

    Saturations, distorsions, voix d’outre-tombe, iconographies choquantes : le metal est subversif, dans le discours comme dans la forme. Depuis sa genèse, il y a près de cinquante ans, le genre résiste à toute institutionnalisation, mais le nombre de ses adeptes ne faiblit pas. Après l’électro et le hip-hop, la Philharmonie explore ce nouveau territoire, ses codes et la richesse de ses mythes. À rebours des caricatures auxquelles le metal est souvent réduit, l’exposition dresse, pour la première fois en France, un tableau documenté de ce mouvement, où dialoguent musique, culture populaire, vision anthropologique et arts contemporains.

    La subversion par le son

    En 1970, dans le bastion industriel et ouvrier de Birmingham, Black Sabbath sort son premier album, éponyme. Naît ainsi le hard-rock, aux sonorités plus puissantes, plus rapides, et aux textes plus noirs que le rock. Autour des années 1980, le genre change de nom pour laisser place au terme metal, issu des paroles du célèbre Born to Be Wild de Steppenwolf (1968). Le metal se construit ainsi en opposition à la culture hippie avec l’ambition de toujours provoquer. Il développe peu à peu ses propres codes musicaux reposant sur l’utilisation de la quarte augmentée, l’usage massif de la distorsion et du chant guttural, de très hauts niveaux sonores et des techniques rythmiques nouvelles tel le blast beat. Ce goût pour la transgression se traduit aussi par une imagerie macabre ou apocalyptique, souvent dérivée du cinéma d’horreur de l’époque, au sens parfois politique ; la révolte s’exprime enfin dans les textes au contenu morbide évoquant les affres de la condition humaine.

    Diversité et mythes communs

    Cas unique de l’histoire de la musique avec plusieurs dizaines de sous-genres ayant chacun leurs ramifications, le metal est loin d’être uniforme. Cette diversité musicale repose cependant sur une culture commune incarnée par les festivals, qui rassemblent en un même lieu heavy metal historique, hardcore, thrash, death ou black metal contemporain. L’exposition est l’occasion de présenter ces principaux sous-genres à travers des pièces et documents rares : instruments de légende, costumes de scène et concerts mythiques, et iconographies cultes. Le metal a également une dimension éminemment politique, par les engagements des groupes et de leur public, mais aussi par le dialogue entre un metal mondial et des cultures locales.

    Mouvements du corps et rites initiatiques

    La musique metal est d’abord une musique qui se vit.
    En concert, par l’intensité des volumes sonores et les vibrations des instruments, elle engage le corps entier des metalheads, qui ont développé des danses collectives devenues constitutives du genre : le headbang, puis le mosh (héritier du pogo punk), les circle pits et le wall of death. Conçue comme une succession de rites initiatiques, l’exposition souligne, par un important dispositif de diffusion sonore et visuelle, cette dimension physique du metal et l’énergie explosive qui circule entre le public et la scène.

    Commissaires : Milan Garcin, Corentin Charbonnier

    Conseillers scientifiques : Jean-Pierre Sabouret, Christian Lamet

    Behemoth, Adam Nergal Darski, Motocultor Open Air Festival, Saint Nolff, 2022 © Corentin Charbonnier

    Le Catalogue – Gründ / Éditions de la Philharmonie

    Prolongement de l’exposition, mais aussi et surtout ouvrage de référence sur une musique aux nombreuses facettes, ce catalogue richement illustré réunit autour des commissaires de l’exposition des spécialistes et de grands noms de la scène : Robert Trujillo (Metallica), Max Cavalera (Soulfly), Seth Anton (SepticFlesh), Nergal (Behemoth), Stéphane Buriez (Loudblast), l’illustrateur Eliran Kantor, les artistes Élodie Lesourd et Chloé Trujillo et l’auteur de bandes dessinées Damien MacDonald ; ainsi que les sociologues Deena Weinstein et Gérôme Guibert, la doctorante en lettres modernes Sixtine Audebert ou le directeur des collections du Hard Rock Cafe Chase McCue.

    METAL – Diabolus in musica – Le Catalogue – Gründ / Éditions de la Philharmonie – Postface de Mario Duplantier (Gojira)

    La compilation METAL : Diabolus In Musica

    Pour accompagner l’exposition, la Philharmonie s’est associée à Verycords pour présenter la compilation METAL : Diabolus In Musica. Cette compilation permet de faire un tour d’horizon de différents sous-genres qui composent le Metal, au travers de 16 chansons, pour la majorités rares ou inédites, de grands noms de la scène : Deep Purple, Alice Cooper, Judas Priest, Nightwish, Trust, Mass Hysteria, Suicidal Tendencies, Behemoth, Rotting Christ … METAL : Diabolus In Musica ne sera disponible qu’en édition limitée et numérotée – double vinyle gatefold violet.
    Sortie le 5 avril 2024 – Commandez-la ici

    [Source : communiqué de presse]

    Événement partenaire du Club Artistik Rezo

    En ce moment

    Articles liés

    “Ça va voler bien haut” : un spectacle de magie immersif au Théâtre Lepic
    Agenda
    66 vues

    “Ça va voler bien haut” : un spectacle de magie immersif au Théâtre Lepic

    Ça va voler bien haut. Un spectacle de magie immersif à Paris. Une nuit. Un musée. Un vol se prépare. Et vous êtes dans la salle. Fred Razon vous plonge dans un spectacle de magie immersif à Paris, mêlant...

    “49.3 nuances de rire” : un spectacle à ne pas manquer au Théâtre des Deux ânes
    Agenda
    574 vues

    “49.3 nuances de rire” : un spectacle à ne pas manquer au Théâtre des Deux ânes

    Le nouveau spectacle des Deux Ânes, c’est l’événement à ne pas manquer. Les meilleurs snipers de l’actualité montent sur scène pour un grand dézingage en règle : politique, médias, société… tout y passe ! Sketches, parodies, imitations : un...

    “Street Art aux Invalides” : quand l’art urbain s’invite à l’Hôtel national des Invalides pour une noble cause
    Agenda
    237 vues

    “Street Art aux Invalides” : quand l’art urbain s’invite à l’Hôtel national des Invalides pour une noble cause

    Durant cinq jours et pour la première fois, découvrez une exposition de street art à l’Hôtel national des Invalides. Du 28 mai au 1er juin 2026, 34 figures majeures du street art français investiront les salons de l’Hôtel national...